Prague en hiver, aller et retour

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euro6
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Prague en hiver, aller et retour

Message par euro6 »

Bonsoir,

voici le compte-rendu d'une rapide escapade à Prague en décembre dernier (2013).

Samedi 07

09H00, on passe le coin de la rue et on quitte notre domicile normand. Le soir même nous nous rendons à Dijon pour assister à une représentation théâtrale dans laquelle un des trois rôles est joué par notre ami Philippe. La soirée se prolonge en after autour d’un buffet presque improvisé qui réunit avec succès quelques spectateurs restés avec l’équipe du théâtre pour fêter la dernière.


Dimanche 08

Le lendemain matin, un beau soleil pénètre dans la maison de nos amis et tente de relever la température descendue au-dessous de -3°C durant une nuit qui fut claire et constellée d’étoiles. A 17H25, le TGV emmène ma fille et ma compagne vers Paris puis Rouen, tandis que je continue seul vers l’est.
Il fait déjà nuit et je me rends à Ronchamp, sur le site de la chapelle de Le Corbusier que j’avais visité il y a bien longtemps. J’arrive vers 20H00 et je croise en montant la colline le dernier employé qui quitte les lieux. Je me rends à Plancher-les-Mines, située à 20 minutes de là. C’est l’endroit où j’ai passé un de mes stages étudiant, dans le fond d’une vallée perdue. Je ne reconnais pas vraiment les lieux qui ont changé. L’usine de fabrication de vis n’existe plus et les bâtiments semblent avoir été détruits. Je grimpe la route jusqu’au fond de la vallée. Le restaurant pourtant indiqué ouvert été et hiver est fermé, et la station de ski attend l’arrivée de la vraie neige. Je redescends et je rejoins Ronchamp par une toute petite route transformée en piste par la neige tassée qui la recouvre sur plus de dix kilomètres.

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Je m’installe sur le parking un peu pentu de la Chapelle de Ronchamp. Il fait -1°C. En l’espace d’un quart d’heure, la température intérieure dépasse les 12°C. A 17.5°C j’arrête le chauffage et me couche pour une nuit parfaitement calme.

Lundi 09

C’est le camion des éboueurs qui me réveille (un peu tôt…!). Dehors il fait -2°C. Dedans il ne fait plus que 3°C… Je me rendors jusqu’à 08H00, avec la lumière du soleil. Un petit coup de chauffage avant d’émerger de la couette chaude, et la journée commence par une toilette de chat et un café. Près de l’entrée du complexe religieux, un taxi dépose deux jeunes femmes qui sont un peu en avance sur l’horaire et attendent l’ouverture de la billetterie. Elles ont tout de même prévu la fraîcheur du matin et sont chaudement vêtues. Peut-être un café frais et chaud leur ferait-il plaisir… ?

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Les portes s’ouvrent et je les rejoins pour débuter la visite de la Chapelle construite en 1955 par Le Corbusier sur cette colline qui domine le village de Ronchamp. Je la connaissais déjà pour l’avoir visité il y a plus de trente ans lorsque j’étais étudiant à Belfort. Mais les lieux alentours ont bien changé depuis cette époque lointaine. La chapelle qui était en accès libre est devenue un monument protégé et d’accès payant. La billetterie, ainsi qu’un monastère ont été ajoutés en 2011. Ce sont des bâtiments conçus par Renzo Piano, dont j’ignorais l’existence, mais qui revisitent intelligemment l’esprit de Le Corbusier (le béton brut, ici banché dans des moules métalliques alors que le maître utilisait des moules en planches de bois qui imprimaient leurs veines dans le matériau durci). Le monastère ne se visite pas car il est habité par des religieuses que l’on aperçoit s’affairer à des travaux textiles derrière les baies vitrées. Le bâtiment est presque entièrement souterrain, et réalisé en béton avec des structures externes en acier galvanisé. Pour ce qui est de la Chapelle proprement dite, l’espace intérieur est plus petit que ne pouvait laisser penser le majestueux édifice. Je découvre, contrairement à ce que je pensais, que seule la voute du toit est en béton moulé. Les murs qui le supportent sont en maçonnerie de pierre conventionnelle. L’ensemble est couvert d’un ciment projeté puis peint qui donne l’unité. Le béton est, bien sûr, brut de décoffrage, comme une signature de Le Corbusier. Une heure plus tard, alors que les visiteurs commencent à arriver en nombre, je pars vers ma prochaine étape, avec une halte à la sortie de Belfort dans un hypermarché pour quelques courses alimentaires.

J’arrive à Weil-am-Rhein, située en banlieue nord allemande de Bâle, juste en face de Saint-Louis que seul le Rhin sépare. Là est située l’usine Vitra, ainsi que le célèbre musée Vitra et le show-room, la fameuse Vitra Haus. Vitra est un éditeur de mobilier spécialisé dans les chaises et fauteuils.

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L’entreprise produit des créations contemporaines, mais est également réputée pour ses rééditions de meubles anciens internationalement reconnus. Le show-room est un endroit d’exposition des produits Vitra, et également un magasin où l’on peut acheter les meubles présentés en situation. Une sorte d’IKEA très haut de gamme… Le lieu est très étonnant. Il s’agit d’un empilage de blocs. Là aussi les volumes intérieurs sont très différents de ce que l’architecture laisse présager. Pour ce qui est des produits, beaucoup font envie, mais on n’est pas chez le distributeur de meubles suédois…
Je regrette de n’avoir pas pu voir la fameuse caserne de pompier, une des toutes premières réalisations de l’architecte d’origine iranienne Zaha Hadid.
Le soleil commence à plonger derrière les arbres, et je reprends la route à la nuit tombante vers Stein-am-Rhein. Je remonte le Rhin en suivant sa rive droite, la rive allemande donc. En fait la Suisse possède quelques territoires enclavés au nord du Rhin, ce qui fait que je passe de nombreuses fois d’Allemagne en Suisse, et inversement, au cours du trajet de deux longues heures. Plus je progresse vers l’est, et plus la température moyenne semble descendre. Les températures sont désormais négatives dès que le soleil est caché, alors que la journée est baignée d’un frais soleil d’environ 8°C. Je m’arrête à Moos, côté allemand de la frontière, pour profiter d’une halte dans un hôtel où je pourrai bénéficier d’une douche et du confort dû à mon âge avancé…
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euro6
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Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par euro6 »

Mardi 10

Je suis surpris par le réveil du soleil plus matinal que par chez nous dans ces contrées orientales !
Une visite matinale chez Safari Centre me laisse penser que l’entreprise est, au pire, en instance de fermeture, au mieux, en cours de déménagement. Les locaux, show-room et atelier, sont quasi vides, seuls quelques véhicules restent en exposition à l’extérieur. Dommage, car j’avais fini par prendre mes habitudes à cette halte sur le chemin que j’emprunte encore parfois entre la Suisse et l’Allemagne. Je quitte les rives du lac de Constance en suivant un cap Est-Nord-Est pour rejoindre la République tchèque. C’est une journée de voyage qui s’annonce longue, mais ensoleillée, avec près de six cents kilomètres de petites routes dans la campagne allemande. Une halte déjeuner sur un promontoire qui domine un immense cloître (ou plutôt monastère si je devais trouver une traduction plus conforme à Kloster) me permet de préparer un repas solide avec steack de bœuf, petits pois et carottes, du bon pain allemand « à la française », et un Morgon correct quoique un peu frais (eh oui, la cave de la cellule n’est pas tempérée, et cette nuit il gelait !) Le ruban de bitume parfaitement réglé se déroule au-delà de la tombée de la nuit (à 16H45, nuit noire !). Je profite de l’avantage du peu de circulation sur ces itinéraires parallèles aux grands axes surchargés.
Le poste frontière, sur cette route secondaire est inexistant et l’on passe de l’ouest à l’est sans aucune transition. Le temps n’est pourtant pas si ancien où le passage pouvait être difficile et durer longtemps avec des contrôles parfois tatillons. Rien pour signifier ce passage de l’ex rideau de fer, sauf une certaine odeur qui pénètre immédiatement les narines de façon absolument flagrante. C’est une fragrance que je qualifierais de fumée tourbée, probablement due aux émanations de gaz plus ou moins brûlés des appareils de chauffage. A une époque, ce sont les gaz d’échappement des véhicules qui produisaient une odeur très particulière et typique des pays de l’est. Dans ce cas, c’est l’essence imparfaitement raffinée et incomplètement brûlée dans des moteurs peu soucieux de la qualité de l’air qui répandait ce fumet malodorant.
La route qui mène à la frontière est toute récente et de très bonne qualité, aux standards allemands, pour tout dire. Mais une fois arrivé au premier village, terminé le ruban lisse et calibré, et place aux revêtements approximatifs et rapiécés qui rappellent le siècle dernier.

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Il me reste moins de deux cents kilomètres avant d’atteindre la capitale, mais je préfère arrêter bien avant. La nuit est tombée depuis bien longtemps, il est environ 21H00 et je ne souhaite pas avoir de soucis aussi près du but. Avant d’arriver à Plzen, j’aperçois une concession Toyota avec quelques véhicules garés à proximité. Je m’approche et tombe nez à nez avec une personne chargé de la sécurité du site comportant plusieurs magasins et qui fait sa ronde. Je m’adresse au grand gaillard et invente une histoire de problème mécanique sur ma voiture m’obligeant à attendre ici l’ouverture du garage demain matin, car je ne peux pas continuer mon voyage depuis la France, bla bla… Le gars est interloqué, et à force de gestes et de mots piochés dans toutes les langues connues (et aussi d’autres langues inconnues et inventées…), prend fait et cause pour moi et ma situation difficile, et m’enjoins de m’installer ici-même pour passer tranquillement la nuit. Pas de problème. Je ne risque rien, il surveillera la voiture (et son occupant). Bon, l’endroit n’est pas vraiment cool, et même plutôt bruyant à cause de la route nationale proche du carrefour, mais à part le bruit rien ne devrait perturber cette première nuit en République tchèque. Je me couche fourbu après ces longues heures de conduite.


Mercredi 11

A 06H00, je fais juste un café et remballe assez vite pour ne pas avoir à me justifier auprès du gardien ou du garage (le personnel de nettoyage du show-room est déjà à l’œuvre, lui !), et également pour profiter de la route dégagée et avancer sans encombre. Plutôt que de rallier directement la capitale, je me dirige sur Ledice, au nord-ouest de Prague.
J’arrive sur les lieux à 09H30. Je me fais avoir et dois acquitter le prix du parking. J’explique au gardien que je n’ai pas de monnaie tchèque (ce qui est vrai), mais seulement des euros. Pas de problème, me dit-il, ce sera deux euros ! OK…
L’endroit est étonnamment calme, comme après une furieuse tempête. La furie monstrueuse a eu lieu le 10 juin 1942, lorsque les nazis ont décidé de punir ce village en représailles à l’assassinat de Reinhardt Heydrich, protecteur du Reich en Bohême-Moravie, par un commando de militaire tchèques dont l’un d’entre eux aurait été originaire de Lidice. Un détachement de SS s’est chargé de tuer tous les hommes, de déporter toutes les femmes au camp de concentration de Ravensbrück, de neutraliser tous les enfants dont certains seront aryanisés par placement dans des familles allemandes et la plupart gazés au camp d’extermination de Chelmno, puis de détruire méthodiquement la totalité du village dont il ne reste strictement rien sinon quelques vielles pierres. Une sorte d’Oradour-sur-Glane tchèque, la planification nazie en plus.

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Le musée historique, avec peu de moyens, donne des informations complètes sur cet évènement qui laissa des traces dans le monde entier. Le billet d’entrée est à un prix équivalent à 3.20 €, mais comme le musée n’accepte pas d’autre argent que la devise nationale, je fais un don de 5 € à l’association des anciens qui gère le musée. Ce billet donne également droit à une visite du musée d’Art de Lidice. Un généreux donateur américain a offert sa fortune pour la reconstruction d’un nouveau village et pour cette fondation d’art contemporain étrangement perdue dans la campagne tchèque profonde. J’étais le seul à arpenter le site naturel du village rasé, le seul à visiter le musée qui relate cette tragédie, et encore le seul (la conservatrice à ouvert la porte de son musée pour moi, et m’a "cornaqué" pour ne pas me laisser seul dans les salles, et aussi palier la défaillance de l’audio-guide) à déambuler dans ce lieu incroyable. Parmi toutes les œuvres intéressantes, je retiendrais bien sûr une sculpture de Joseph Beuys que je ne m’attendais pas à trouver ici.

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Je continue vers le nord, pour voir Terezin, une petite ville située à soixante kilomètres au nord de Prague, proche de la frontière polonaise. Il s’agit d’une cité fortifiée, par un émule austro-hongrois de Vauban, peut-être. Lors de leur invasion du pays, les nazis ont transformé cette ville en un ghetto juif qu’ils considéraient comme modèle destiné à rassurer le monde sur leurs intentions au sujet de cette population stigmatisée. Un peu à l’écart de la ville, une forteresse devint une prison et un lieu de "jugement" et d’exécution des prisonniers. Rien de plus facile que d’enfermer une population derrière ces remparts infranchissables dont il suffisait de verrouiller et garder les trois entrées. La ville de Terezin fut rebaptisée par les occupants Theresienstadt. Ce fut le ghetto des intellectuels juifs regroupés ici par les nazis qui souhaitaient communiquer au monde une image positive de l’exclusion du peuple juif à l’aide d’un film de propagande qui devait être largement diffusé par la Croix Rouge Internationale. On y voit des gens apparemment heureux qui semblent être en vacances dans un lieu de villégiature où chacun rêverait de résider en paix… Finalement, le film ne fut jamais montré au public, il fut perdu, puis retrouvé seulement vingt années plus tard. Voilà pour l’histoire, une horrible malédiction banale…
Aujourd’hui, à part quelques ripolinages de façades, la plupart des bâtiments de cette jolie ville est dans l’état d’origine, plus de soixante-dix années après l’horreur, et on croirait déambuler dans ce qui fut, et ce qui donne l’impression d’être encore aujourd’hui, une prison à ciel ouvert, en parcourant ces rues pavées aux immeubles lépreux, en croisant des personnages que l’on sent encore porteurs de cette histoire qui plane sur la petite cité perdue. Comment habiter ces lieux sans être imprégné de la douleur qui suinte encore des murs ? Ce gros bourg de quelques milliers d’habitants a enfermé plus de 140 000 personnes. Le ghetto et la prison de Terezin ne constituaient pas un camp d’extermination, pourtant on y mourut, et surtout on y fut déporté vers d’autres lieux en Allemagne et en Pologne dont on ne revenait pas.

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J’ai passé une bonne partie de l’après-midi à arpenter ces rues et ces bâtiments qui semblent à peine sortis de leur histoire tragique. La nuit tombe pendant que je roule vers le sud pour retrouver enfin la ville de Prague. Des cinq terrains de camping de la fameuse rue Trojska, seuls deux sont ouverts cet hiver. Je choisis le Autocamp Trojska où je suis le premier (et probablement le seul) de la journée (et peut-être de la semaine…). C’est un petite surface d’environ quinze emplacements plus trois "huttes" en bois qui est en fait le terrain d’une maison particulière reconvertie dans l’accueil de touristes. Ses quatre voisins ont procédé de la même façon et constituent certainement la meilleure solution de camping confortable à Prague pour un séjour court. L’arrêt de bus est à la porte et vous mène en trois stations au terminal hub bus/tram/métro (ligne C) qui permet de choisir le meilleur moyen d’atteindre tous les points du centre-ville en moins de quinze minutes. Par exemple, la place Venceslas est à huit stations par le tramway 112. Parfait ! D’autant plus que la charmante réceptionniste du camping propose les tickets de transport en commun que je règlerai plus tard, lorsque j’aurai récupéré des couronnes locales, avec la note totale du séjour. J’ai utilisé pour la première fois le chargeur de batterie alimenté par le secteur, histoire de requinquer la batterie qui manque de soleil depuis deux jours…
Je saute dans le premier bus et me voilà presque aussitôt débarqué place Venceslas, les "Champs Elysées" praguois. Comme à mon habitude, quand je me retrouve largué dans une ville étrangère, je parcours les rues sur des kilomètres, à me remplir les yeux, jusqu’à ne plus pouvoir avancer. Une pause s’impose. Je ne choisis pas le plus fun des bars de la ville, le public est clairsemé parmi les nombreuses tables, la musique est "old fashion", mais j’aime bien cet endroit suranné qu’est la Maison Municipale.
Prague est une belle ville. Elle reste belle malgré tout, malgré son penchant à ne pas résister aux sirènes de la consommation qui font que ses plus réputés passages couverts qui traversent les îlots urbains et relient les rues ont été transformés en hideux malls à l’américaine, ses petits bars conviviaux sont devenus des clubs et des hard-rock café. En cherchant un peu, on trouve tout de même encore quelques Passaj, ou Pivnice avec bière locale, dans leur jus, et c’est bien. Une mode qui m’horripile et à laquelle Prague n’échappe pas non plus, c’est le marché de Noël. J’ai pu constater cela hier à Plzen, et ici aussi. Les horribles cabanes en planche ont colonisé les places, jusqu’aux moindres recoins, du centre-ville, défigurant les lieux, et surtout drainant des foules avides d’acheter n’importe quoi. Plus rien de l’origine de cette tradition ancienne ne subsiste, rien d’artistique, rien de vrai et simple, juste la fête du fric qui dénature tout ce qu’il touche. Dommage… Mais le premier janvier prochain, il n’y paraitra plus.
La neige manque, mais le froid est déjà là. Déambuler dans la ville est un plaisir impossible à réfréner. La foule des touristes est moins dense qu’en été, et il est encore un peu tôt pour l’afflux de la période de Noël. Parmi eux, les russes sont probablement les plus nombreux, les français ne sont pas discrets non plus… Prague reste définitivement la ville des amoureux !
Le retour est plus long que prévu car je surestime mon aisance avec la langue slave. Je descends un arrêt trop tôt avant la gare de changement, ce qui m’oblige à attendre longtemps le tram suivant à cette heure avancée de la nuit, et je répète la même erreur avec le bus ce qui m’oblige à terminer le trajet à pieds. Je suis fourbu, mais heureux de mes retrouvailles avec cette ville qui m’a toujours touché.
Pas de voisin dans le camping depuis la fin d’après-midi. Je profite des douches d’un niveau de qualité de réalisation, de finition et de propreté digne de celui d’un hôtel de bon standing, pendant que la cellule se réchauffe. Au retour, la température de 15°C est parfaite pour s’installer confortablement et écrire ce compte-rendu. Au bout de quelques minutes seulement, le chauffage s’arrête, faute de gaz ! Afin de m’éviter le désagrément d’un réveil glacé, je procède donc à l’échange des deux bouteilles dans le froid de la nuit noire, et redémarre le chauffage sans problème pour continuer mon récit.
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mistra
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Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par mistra »

:super:

nous aussi on a aimé prague !

tu n'aimes pas les autoroutes au point de prendre les petites routes allemandes ? étonnant ... le réseau secondaire en Allemagne est vraiment secondaire ! c'est long !
Mistra :alsace1:
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gaetan
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Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par gaetan »

Merci Francis pour ce début récit sur Prague .
Vivement la suite !

:breton:
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euro6
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Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par euro6 »

Jeudi 12

La nuit fut parfaite, et le réveil tardif. La journée débute avec un petit déjeuner au pain frais commandé la veille, puis plein d’eau, douche agréable, et départ pour la ville à presque 11H00.
De jour, l’ambiance de la ville est moins magique que la nuit, mais on y (re)découvre de fabuleux détails d’architecture, modénatures complexes, cariatides puissantes et sensuelles, luminaires "Arts nouveaux",…
Après plusieurs kilomètres de pavés, à errer le nez en l’air dans les artères les moins courues, une véritable pivnice m’accueille pour un réparateur et roboratif repas. Le pays n’est pas spécialement réputé pour sa gastronomie, mais le goulasch est très bon ! Les travaux sont omniprésents. Billa Labut, le grand magasin façon Galeries Lafayette, qui donne même son nom à la station de tramway adjacente, est en cours de fermeture. C’est le dernier relent de réalisme soviétique qui s’évapore, bientôt remplacé par un grand hôtel de luxe ou un shopping center rutilant. Le majestueux Café Impérial, lui, a conservé ses incroyables décors intérieurs, et le service stylé lui va bien.
Le tram 24 pour le retour est arrêté pour cause de travaux. Je continue à pieds jusqu’à la station de métro Nadrasi Holesovice où je retrouve le bus 112 pour revenir à Trojska.
Je visiter Letna, non pas le volcan, mais le quartier situé au nord du centre-ville, dans la boucle de la Vltava (connue aussi sous le nom austro-hongrois de Moldau), que je ne connaissais pas et où se trouve, entres autres, le Veletrzni Palac, un musée que je souhaite visiter demain. Mes déambulations en direction de Mala Strana, le quartier du Château situé rive gauche, me mènent le long du fleuve. Sur un des ponts, je découvre ce qui a perturbé le trafic des tramways. Un étonnant équipage circule sur les voies ferrées du tram. Un poids lourd équipé de pieds à roues de fer qui le soulèvent en lévitation au-dessus de la chaussée et lui permettent d’utiliser les rails pour se déplacer tracte deux machines étranges qui produisent de fantastiques gerbes d’étincelles rougeoyantes. Sur chacune d’entre elles est assis un opérateur qui dispose d’un grand volant de fonte. L’ensemble parcourt le pont d’une rive à l’autre, puis repart en marche arrière, et ainsi de suite alternativement. Je m’approche et je constate que ces machines rectifient le profil des rails du tramway. Je n’avais encore jamais vu cela. A chaque trajet, une passe supplémentaire est ajoutée à l’aide de quelques tours du volant qui repousse la meule un peu plus bas et réduit d’autant l’épaisseur de métal restant sur la voie ferrée.
Je ne parviens pas jusqu’au très fameux Pont Charles trop éloigné et reviens sur mes pas par l’autre rive de cette très large rivière au fort débit. A cause de ces travaux, pas mal de gens se résolvent à faire le trajet à pieds sur plusieurs kilomètres dans la nuit. J’en profite pour aller voir le fameux Palac qui était en fait le Palais des Expositions avant de devenir un fantastique musée. Il s’agit d’un énorme bâtiment, datant des années trente, restauré dans les années quatre-vingt, qui en impose. Je repère également les endroits pour un stationnement possible entre les fameuses zones de stationnement "réservé" dont je n’ai toujours pas très bien compris le fonctionnement ni à qui ces places seraient réservées…
Je rentre à la cellule après minuit, avec une longue attente du dernier bus pour Trojska. Ma dernière nuit à Prague… avant la prochaine qui aura lieu à une date encore inconnue.


Vendredi 13

J’essaie de me réveiller moins tard ce matin, car je dois lever le camp avant 10H00. Je quitte cet endroit parfait pour un voyageur motorisé. Impossible, sauf chance improbable, de trouver une place ici en été…
Le repérage de la veille me permet de trouver une place idéale pour stationner pendant la visite du musée. L’horodateur accepte indifféremment des couronnes tchèques ou des euros (mais pas des centimes d’euros). La machine ne m’accorde que deux heures. Je pressens que cela ne suffira pas… Le lieu se visite depuis le haut vers le bas, on débute donc l’épopée depuis le cinquième étage qui aborde la présentation de l’Art contemporain tchèque par le 19ème siècle. Le bâtiment est, parait-il (hormis, peut-être, le Château de Prague) le plus grand de la ville et offre la plus grande surface d’exposition de Prague. A peine ai-je franchi la porte de la première salle que je suis abasourdi par tant de richesse ! Jamais auparavant je n’avais entendu parler de cet endroit, jusqu’à lire quelques lignes sibyllines sur le Lonely Planet hier. Ce musée, je crois, surpasse tous ceux que je connaissais jusqu’alors. Même le Tate Modern n’a pas cette hauteur, même Le centre Pompidou n’a pas une telle surface de plateaux, même le Guggenheim de New-York ne fait pas le fier devant ces balcons superposés donnant sur un vide énorme. La quantité d’œuvres présentée est impressionnante, mais sans oppression, sans impression d’entassement tellement la surface est grande. Le musée parcourt l’Art contemporain des 19ème, 20ème et 21ème siècles dans tous les domaines, peinture, sculpture, installations, architecture, design, en mettant en avant la production tchèque mais en présentant également de nombreuses œuvres d’origine étrangère. Sans être spécialement chauvin, la collection d’œuvres françaises est tout à fait intéressante et sûrement exceptionnelle. Je ne suis pas sûr d’avoir déjà vu réunis en un seul lieu une telle diversité de célébrités internationales et françaises telles Gauguin, Monet, Picasso, Pissaro, Rodin, Corot, Delacroix, Tapies,...
Deux heures ne suffisent pas, évidemment. Je sors ajouter deux heures supplémentaires sur l’horodateur, et je rempile. En quatre heures de visite je n’aurai pas pu passer le temps nécessaire à admirer toutes ces merveilles. J’ai dû parcourir au pas de course le 21ème siècle naissant, et shunter carrément les salles d’architecture pourtant très riches également. Mais je reviendrai… A partir de 14H00, les groupes commencent à arriver, mais pas de touristes, plutôt des groupes de jeunes amenés ici par leur professeur d’art, et quelques inconditionnels qui trainent dans ces lieux calmes sans but. Ce matin, je n’ai compté que six visiteurs en plus de moi-même !

Je quitte ce musée et cette ville à regret. Je dois maintenant attaquer le chemin du retour. Mais pas sans aller rendre visite, à une heure au sud-est de la capitale, à l’importateur tchèque des véhicules russes de la marque GAZ. Une gazelle me fait de l’œil depuis un bon moment… Google Earth m’avait préparé à la découverte de cet endroit improbable, une sorte de cour de ferme dans un village de 250 habitants perdu dans la lointaine périphérie de Benesov. Le bureau est fermé, et le long de la petite route sont alignés quatre véhicules dont deux Gazelle 4x4, un fourgon et un châssis simple cabine avec benne. C’est ce dernier qui correspond à ce que je voulais voir de près. Dommage, je ne pourrai pas le conduire, ni même apprécier l’intérieur pour me faire une idée plus précise.
Il fait nuit, un brouillard épais est tombé, ainsi que la température. Je décide de passer cette nuit à Benesov, à l’hôtel Benica. C’est d’une expérience intéressante qu’il s’agit, sur un pont branlant entre les habitudes d’un passé pas si lointain et les sirènes d’une modernité décadente elle aussi. Le bâtiment visiblement daté des années quatre-vingt, certainement moderne pour l’époque, a vraisemblablement été remanié vingt ans plus tard par une entreprise privée. Je pense être le seul pensionnaire de cet établissement doté d’une trentaine de chambres au moins. Chambre spacieuse et confortable, mais quelques détails trahissent des réminiscences du passé encore proche. La baignoire a fait les frais d’une rénovation qui l’a remplacée par une douche à même le sol (mal finie), mais le mitigeur du lavabo des années quatre-vingt a conservé le long bec orientable qui permettait à l’origine d’utiliser le même robinet pour le lavabo et la baignoire, en déplaçant le bec au-dessus de l’un ou l’autre des deux réceptacles. C’est typique des pays de l’est du siècle dernier. Dans la salle du restaurant, la musique est incontournable, mais, alors qu’elle était plutôt kitsch et nostalgique, elle n’est plus aujourd’hui qu’une soupe de bruits très sonore et fatigante.
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euro6
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Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par euro6 »

Samedi 14

Le brouillard s’est levé mais le temps reste brumeux. Cette fois, cap à l’ouest. Je rejoins Plzen à travers la Tchéquie profonde, ses champs fraîchement labourés à la terre lourde et noire comme nulle part ailleurs, ses villages perdus avec toujours une très grosse église qui domine et une rue centrale large et bordée de plates-bandes vertes à l’ukrainienne, ses petites épiceries sans néon et sans affiche. Dans l’une de ces Potraviny de village, j’ai eu la surprise d’être servi par un couple d’immigrés asiatiques très commerçants. Ils n’ont pas seulement racheté la plupart des bistrots parisiens, mais aussi les épiceries de campagne tchèques. Pas de photo car la batterie de l’appareil est vide et doit prendre le temps de se recharger. De toute façon, il n’y a pas de lumière avec ce temps bas et gris.
Petite angoisse dans la campagne déserte : le voyant de carburant s’allume soudain alors que rien n’annonce une quelconque station dans les prochains kilomètres. Je retourne sur mes pas au village de Bor (là où l’épicier asiatique m’a vendu du pain) où j’avais repéré une station service digne de ce nom ouverte. A peine dix kilomètres plus tard, j’arrive à la station Benzina, mais l’accès en est momentanément interdit car le ravitaillement des cuves par le camion-citerne est en cours. Très bien, très sécure ! Mais très long… Quand le livreur a enfin terminé et a redémarré son camion qui bloquait le passage, nous étions déjà une file de cinq véhicules impatients et assoiffés. Chacun s’installe à une pompe pour faire le plein, et là : rien ! Les machines ne fonctionnent plus. Enervement de certains, proportionnel au besoin impératif de récupérer quelques litres dans leur réservoir sec afin de pouvoir continuer leur périple… La petite dame qui tient la caisse est bien embêtée et commence à paniquer sourdement quand elle se rend compte que le système ne redémarre pas, et qu’elle n’y pourra sûrement pas grand-chose, pendant que la pression monte… Un des jeunes clients, avec force mots internationaux agrémentés de gestes locaux me confirme que la situation est difficile et risque fort de se compliquer au fur et à mesure du temps qui passe. Il ajoute qu’il semble douter des capacités en réparation de volucompteur de la susdite dame dont la sueur commence à perler au front. Idée lumineuse, elle se saisit de son téléphone (portable, les téléphones fixes n’existent plus dans ces coins reculés !) et appelle un "ami" qui analyse le problème en fonction des données assez approximatives fournies par la dame qui s’échine à déchiffrer les informations absconses issues d’un écran blafard. Malgré plusieurs échanges et manipulations violentes du matériel, rien n’y fait. Je me vois mal passer la nuit ici en attendant un hypothétique dépannage. Finalement, après un temps qui paru durer des heures, un grand sourire de soulagement s’affiche sur le visage transformé de la pompiste, salué par des hourras sonores de quelques uns, puis chacun se précipite sur les pompes avant que ça ne retombe en panne. Ouf ! J’ai transvasé à peine vingt litres, de quoi dépenser mes derniers billets et quelques pièces, sept cents couronnes en tout. Avec ça, je peux sortir du pays et trouver des stations-service qui fonctionnent normalement en Allemagne. Non, j’exagère.

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Il fait froid. Les arbres sont couverts de givre et composent des images bucoliques comme sur les cartes postales de Noël. La frontière est passée sans vraiment s’en rendre compte, comme à l’aller, bien que ce poste soit moins secondaire que celui de l’autre jour. Il s’agit en fait de la route nationale qui était le seul accès dans les années quatre-vingt. Aujourd’hui, une route à grand gabarit existe qui prolonge l’autoroute allemande jusqu’à Prague. Mais j’ai préféré emprunter cette ancienne route chargée de souvenirs, et moins chargée de trafic.
Maintenant, sur cette route allemande, il pleut de l’eau molle, ou de la neige mouillée. La chaussée est parfaitement dégagée, mais les accotements sont encombrés d’andains de neige poussés par les engins de déneigement il y a peu.
Je m’arrête sur une colline dégagée surplombant un village allemand, sur le coup de 18H00. Neuf heures de conduite depuis que je suis parti ce matin. Ce soir, je me prépare un festin ! Bière tchèque, noix de cajou, pain tchèque, saucisson français, omelette aux œufs, ratatouille, yaourt, et le reste du Morgon. Pas mal…
L’endroit, planté de quelques pommiers, est instable et très boueux, et j’ai bien cru un moment y resté embourbé.


Dimanche 15

Lever avec le soleil qui rougeoie derrières les collines. Le trajet restant jusqu’à la frontière n’est qu’une succession quasi ininterrompue de villages et d’agglomérations qui rendent la durée du voyage interminable, mais agréable comparée aux autoroutes perpétuellement chargées et continuellement en travaux.

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Je fais une pause café à Dutzenheim, à l’invitation de Bruno qui n’avait pas apprécié que l’on ne s’arrête pas le voir le mois dernier lors de notre escapade en terres alsaciennes trop courte pour voir tout le monde. Michèle est en pleine séance de pâtisserie pour confectionner les traditionnels petits gâteaux alsaciens de Noël. L’accueil de ces voyageurs en cellule fut bien sympathique, et l’échange de cadeaux bien inégal en leur défaveur… Je repars vite, en gardant l’idée de revenir, et en proposant en retour l’accueil en Normandie où ils ont également des amis.
J’ai juste le temps d’un arrêt de quelques heures pour une visite du Centre Pompidou de Metz que je voulais voir depuis longtemps. Le bâtiment est intéressant, plus grand que ne laissaient l’imaginer les images. J’ai raté l’exposition temporaire Sol LeWitt qui est terminée, et celle de Hans Richter qui lui succède m’intéresse moins. J’arpente donc les trois galeries assez rapidement, en m’attardant sur les films réalisés par ses amis de la bande d’illustres artistes comme Moholy Nagy, Jean Arp, Théo van Doesburg, Mies van der Rohe… Au rez-de-chaussée, une rétrospective en sons et images de la beat génération (William Burroughs, Allen Ginsberg, Jack Kerouac,…) est particulièrement intéressante. L’architecture rappelle étonnamment celle de la Vitra Haus visitée au début de la semaine, pourtant visuellement très différente, mais dans les deux bâtiments on retrouve le même concept d’empilement de boîtes. Etrange télescopage… !

Les vacances sont terminées. Il me reste maintenant quelques longues heures de route à parcourir pour rejoindre Rouen.
Toyota Hilux DC et Modulidea Mocamp "light" auto-aménagée

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mazinger

Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par mazinger »

Merci pour ce récit

j’avoue je m'attendez à plus de neige ^^


mais les 2 dernière photos sont superbes
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Jaclim
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Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par Jaclim »

Bonsoir Francis,

Mazinger a bien fait de déterrer ton post, je l'avais complètement zappé.
Tes comptes rendus sont toujours intéressants, à tous points de vue, je m'en régale toujours !

Bonne soirée
Jaclim

S'il n'y a pas de solution c'est qu'il n'y a pas de problème.
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zebulon54
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Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par zebulon54 »

Bon déterrage qui m'a aussi permis de prendre connaissance d'un CR fort bien écrit et documenté sur une ville que nous aimons beaucoup et qui recèle, à l'évidence, de richesses que nous découvrirons un jour ou l'autre .
Merci pour ce joli récit .
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K_Anne_AK
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Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par K_Anne_AK »

A mon tour de déterrer ce vieux pot qui a fait de la bonne soupe... :miam:
Bonjour Francis ! :hello:
Par hasard, tu n'as pas de traces de ta traversée de l'Allemagne par les petites routes ? Je suis comme toi, si je peux éviter les autoroutes allemandes de sinistre mémoire pour leurs bouchons et leurs travaux... :pelle:
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euro6
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Re: Prague en hiver, aller et retour

Message par euro6 »

Désolé, Anne, pas de trace de cette épopée germanique.
Mais un GPS aux paramètres réglés en conséquence (pas d'autoroute, trajet le plus court) peu retomber sur ce parcours.
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